mercredi 12 juin 2013

Tu manges ta compote ? NON !


On va au bain ? Non ! Tu mets ton manteau ? Non ! Tu me fais un bisou ? Non !

Depuis quelques jours, Nola, 21 mois, refuse tout en bloc.

« C’est normal, explique Isabelle Filliozat, psychothérapeute. A partir de 18 mois et jusqu’à 2 ans, l’enfant acquiert la capacité nouvelle de décider et donc de choisir. »

Et comme pour tout autre nouvelle capacité (la marche, la parole…), il veut l’exercer à plein temps.

« Jusqu’à présent, l’enfant faisait ce qu’on lui demandait, analyse la spécialiste. Désormais, cela lui est insupportable car on le considère comme un objet. Or l’enjeu, à cet âge, est qu’il veut être le sujet. »

Contrairement à ce que l’on pense souvent, cette période du « non » n’est donc pas une phase d’opposition mais bien une phase d’autonomisation.Votre enfant grandit, et c’est à vous de vous adapter.


Quelques conseils, pour rester calme

1. Analysez la situation

« Dès que votre enfant vous répond non, réfléchissez au déclencheur, conseille la psychothérapeute. Avez-vous fait preuve d’autorité ? Avez-vous nié votre enfant comme sujet ? » Il refuse de manger ? Peut-être l’avez-vous mis dans sa chaise haute sans lui demander son avis. Il ne veut pas faire de câlin ? Sûrement parce que vous lui mettez trop la pression en insistant.

2. Laissez-le choisir

L’enfant a besoin d’exercer sa nouvelle capacité de réfléchir et de choisir. Il refuse d’aller au bain ? Demandez-lui s’il préfère jouer avec le canard bleu ou le jaune. Il ne veut pas faire de bisou à sa mamie ? Qu’elle lui demande s’il préfère l’embrasser sur la joue ou le front. Il doit mettre ses bottes pour sortir ? Parlez-lui du temps qu’il fait : « Tu as vu, il pleut. Et donc quand il pleut, que dois-tu mettre ? » Les bottes, bien sûr ! Avec ces astuces, « la phase du « non » peut ne durer que deux ou trois jours », promet Isabelle Filliozat.

3. Evitez les rapports de forces

Face à ces « non » répétés, la tentation est grande de vouloir montrer qu’à la maison, c’est vous qui commandez. Erreur car, dans ce cas, vous entrez dans un jeu de pouvoir. Or, rappelons-le, ces « non » ne manifestent pas une opposition, mais bien un besoin d’autonomisation. « Cela ne devient une phase d’opposition que si les parents s’opposent », explique Isabelle Filliozat.

4. Utilisez le « stop »

Gardez en tête que les enfants ne font la plupart du temps que vous imiter. Et si vous dites continuellement « non », ils feront, logiquement, de même ! L’astuce conseillée par la psychothérapeute : quand vous voulez empêcher votre enfant de faire quelque chose, pensez à remplacer le « non » par le « stop »…


Lu sur le site : www.leparisien.fr