mercredi 20 mars 2013

Amma parle des femmes en Inde...


Amma souhaite faire part du profond chagrin qu'elle ressent face à la tendance récente des hommes de notre pays (Inde) à bafouer les femmes en les considérant comme des objets de plaisir, sans aucun égard pour les valeurs humaines. Ce pays qui a professé des idées uniques et à nulles autres pareilles : vénérer Dieu en tant que Mère, voir la Conscience Divine en toute chose et se montrer tolérant envers tous, ce pays est-il en train de se transformer en un pays d'esprits démoniaques et maléfiques ?

Personne ne peut nier la réalité de la maternité : c'est la femme qui crée l'homme. Cependant, ceux qui refusent de sortir du cocon de leur esprit étroit ne seront jamais en mesure de le comprendre. Il est impossible de faire comprendre ce qu'est la lumière à ceux qui ne connaissent que l'obscurité.

Qui devrait éveiller les femmes ? Qu'est-ce qui les empêche de s'éveiller ? La vérité c'est qu'il est impossible pour quelque puissance extérieure que ce soit de faire obstruction à la femme ou à ses qualités maternelles innées : l'amour, l'empathie et la patience. C'est à elle et à elle seule qu'il appartient de s'éveiller. Son mental est le seul véritable obstacle qui l'en empêche.

Les règles et croyances superstitieuses qui abaissent les femmes continuent de prévaloir dans la plupart des pays. Les coutumes primitives inventées par les hommes pour exploiter et asservir les femmes restent aujourd'hui toujours vivantes. Les femmes et leur mental sont pris dans les filets de ces traditions.

Grâce à sa trompe, un éléphant est capable de déraciner des arbres énormes. Au début, on attache les éléphanteaux en captivité à un arbre avec une corde épaisse. Il essaie de toutes ses forces de rompre la corde. Lorsqu'il se rend compte que ses efforts sont vains, il finit par abandonner. Par la suite, on peut attacher ce même éléphant devenu adulte à n'importe quel petit arbre avec une corde toute fine. Il pourrait facilement se libérer en déracinant l'arbre ou en rompant la corde, mais parce que son mental a été conditionné par ses expériences précédentes, il ne fait pas le moindre effort pour se libérer.

C'est ce qui arrive aux femmes. L'homme et la femme ont en eux le même potentiel inné et infini. Si les femmes le veulent vraiment, elles peuvent facilement briser les chaînes des règles et des conditionnements imposés par la société.

La plus grande force des femmes, c'est leurs qualités maternelles innées, leur puissance créatrice et source de vie. C'est grâce à cette puissance que les femmes peuvent changer la société bien plus en profondeur que les hommes ne le pourront jamais. Dans le monde actuel, où tout est contaminé et dénaturé, il faut que les femmes veillent tout particulièrement à ce que leurs qualités maternelles – leur nature essentielle en tant que femme – ne soient pas mises en péril et dénaturées à leur tour. Cependant, homme ou femme, nous ne nous éveillerons en tant que véritables êtres humains que lorsque les qualités féminines et masculines s'équilibreront en nous.

Tout au long de son histoire, l'Inde a bénéficié de l'héritage si glorieux de femmes qui ont marqué le pays dans tous les domaines de la société, qu'elles aient été des guerrières, des enseignantes, des musiciennes ou qu'elles aient œuvré pour le bien social. On n'en parle peu dans nos livres d'histoire ou dans les médias sociaux, mais elles ont beaucoup œuvré. Cet héritage doit perdurer et grandir au fil du temps.

L'ère qui s'annonce devrait être dédiée à l'éveil de l'amour maternel universel. Partout dans le monde, il appartient aux femmes d'actualiser les qualités maternelles qu'elles possèdent à l'intérieur d'elles-mêmes. C'est la seule façon de réaliser notre rêve de paix et d'harmonie. Et cela est possible ! Cela dépend entièrement de nous. N'oublions pas que la véritable gouvernance, ce n'est pas de dominer ni ne contrôler les autres, c'est de servir autrui avec amour et compassion, et d'inspirer hommes et femmes en leur montrant l'exemple.

Prions ensemble pour que les esprits cruels qui dénigrent les femmes soient transformés. Puisse le Paramâtman (la conscience suprême) les aider à suivre notre longue tradition et à respecter les femmes de notre pays et de tous les autres.

Cet article est paru le 6 Janvier dernier, en anglais, sur le site :

Illustration : Jeune fille Punjabi, dessin à la mine graphite de Catherine Mazarguil