mercredi 15 février 2012

Re-vivons dangereusement !

Finalement, on est nés à la bonne époque !

Nés entre les années : 1930 et 1960, nous étions plus forts !

Tout d’abord, nous avons survécu à l'accouchement par des mères qui fumaient et /ou buvaient pendant qu'elles étaient enceintes. Elles prenaient de l’aspirine, mangeaient de la vinaigrette, des desserts et n'étaient pas testées pour le diabète ou le cholestérol. Après ce traumatisme, on s'endormait n'importe où, on nous couchait sur le ventre dans des lits à paillasse dans des chambres peintes au plomb.

Lorsque l'on faisait de la bicyclette, on avait des casquettes, mais pas de casques de protection. Idem pour ceux qui avaient la chance d’aller faire du ski, avec des planches en bois, des lanières partout et des chaussures qui prenaient l’eau et nous gelaient les doigts de pied.

Bébés et enfants, on nous emmenait dans de vieilles guimbardes sans chauffage, sans ceintures ni sièges pour bébés, ni air-bag. Etre dans la benne arrière d'une camionnette par un beau dimanche ensoleillé pour partir à la campagne, était toujours quelque chose d'extraordinaire.

Nous buvions l'eau directement de la fontaine et depuis les Romains, dans les maisons les tuyaux étaient en plomb. Nous mangions des gâteaux secs, du pain rassis, du pain perdu, du vrai beurre, du saindoux, du lard. Nous buvions du chocolat avec du vrai sucre. Et nous n'étions pas obèses, pourquoi ? Parce que nous étions toujours en train de bouger et de jouer dehors. Nous sortions de la maison le matin pour jouer toute la journée au grand air, à condition d'être revenus quand les lampadaires s'allumaient. Nous passions des heures à construire nos planches à roulettes avec lesquelles nous descendions les côtes, sans freins - bien sûr. Après avoir foncé dans les buissons une paire de fois, nous avons appris à gérer les problèmes ! Nous séchions nos larmes avant de rentrer à la maison , pour éviter le "tu l'as bien cherché !".

Nous n'avions pas de Playstations, Nintendos, X-box, iPod. Il n'y avait pas de jeux vidéos, pas 150 canaux au câble, pas de films vidéos ou dvds, pas de son stéréo ou de cds, pas de portable, pas d'ordinateur et pas d’Internet. Donc nous avions de VRAIS amis et nous sortions dehors pour les retrouver ! Nous roulions sur nos vélos sans freins et sans éclairage, nous marchions jusqu'à la maison d'un copain de classe ou de quartier et frappions à sa porte, nous entrions simplement, nous étions très bien accueillis. Avec eux nous tombions des arbres, en faisant le parachute, on se coupait, on se cassait des os, des dents et il n'y avait pas de poursuites judiciaires pour cela de la part des familles des copains.

Nous faisions des jeux avec des bâtons et des balles, des lance-pierres, des épées, des arcs et flèches, des fléchettes, nous faisions et jouions avec des radeaux de fortune sur les rivières, nous faisions des pistes de glissades sur les inondations des prairies gelées en hiver, nous allions à l'école en culottes courtes par tous les temps, nous sautions et plongions des souches d'arbres dans les rivières non fréquentées, nous bricolions avec toutes sortes d'outils réputés dangereux dans les ateliers de nos parents, nous jouions avec des pétards à mèches, nous fumions des P4 à l'unité, nous sucions toute la journée des boites de coco. Aux heures les plus chaudes de l'été, les lessiveuses étaient nos plus belles piscines, et nous descendions à toutes allures les côtes en herbe sèche des vergers sur des plaques de linoléum en guise de luge. L’hiver, les soirées exceptionnelles de grandes chutes de neige, nous avions la permission de jouer à la lueur des réverbères dans les rues enneigées, glissades et traîneaux en bois fabriqués le jour même avec de vieilles planchettes et des cerclages métalliques d'emballages sous les patins. Cela occupait notre temps et gelait nos mains violettes sans gants, mais on ne rentrait pas pour autant. Pour Noël, à l'école, on nous distribuait des mandarines, c'était exceptionnel !

L'idée que nos parents auraient un jour à nous faire sortir de prison était impensable, ils étaient AVEC la loi et il fallait faire avec, au moins nous avions ce repère. L'idée que nos parents puissent être contre l'avis de l'instituteur, du professeur, du policier, du gendarme, du Maire, du curé, et qu'ils puissent en venir aux mains ou aux insultes avec eux était inimaginable.

Ces générations ont produit quelques-uns des meilleurs preneurs de risques, têtes pensantes et inventeurs de tous les temps, chefs d'entreprises, souvent autodidactes au bon sens débordant. Ces 50 années ont été une explosion d'innovations et nouvelles idées. Nous avions la liberté et la peur de l'échec, le succès et les responsabilités qui vont avec, mais nous avons appris comment gérer tout cela, et passer outre les difficultés. Nous avons eu la chance de grandir avant que les avocats ne viennent tout règlementer, avant que les médias ne prennent tant de plaisir à faire trembler les chaumières de leurs scoops dramatiques, et que les assureurs aient la vie belle...

La vie était limpide, parfois rude, mais on se débrouillait, et maintenant, nous avons ces souvenirs heureux !

Texte repris sur Internet, auteur anonyme...