mercredi 21 septembre 2011

Conseils pratiques sur le chemin de Compostelle

Je viens, pour des raisons personnelles, de parcourir le Chemin de Compostelle par la voie du Nord. Parti le 29 juillet de St Sébastien, je suis arrivé le 22 août à Compostelle après 800 Kms de marche en solo. Il n’y a pas de mots suffisamment puissants pour exprimer la transformation intérieure que peut procurer un tel chemin. Mais au travers de cette lettre, je voudrais juste partager avec vous ces quelques réflexions. Avant tout, je me considère comme un marcheur profane. C’est-à-dire qu’en la matière, je n’ai pas, tant s'en faut d’entraînement régulier. Je ne vais pas vous parler ici du choix du matériel (chaussures, sac à dos) qui, tout en étant fondamental, est à mettre dans les mains de spécialistes qui sauront vous conseiller. Non. Je voudrais juste vous faire part des enseignements que j’ai appliqués et qui m’ont permis de faire 30 à 50 km au quotidien.


Il faut savoir que les premiers jours, l’organisme élimine ses toxines. Il est donc normal d’avoir des contractures plus ou moins généralisées qui disparaissent très vite en persévérant. Une plante qui entre depuis des millénaires dans la pharmacopée chinoise est l’écorce de saule qui nous a donné l’aspirine. Si les contractures sont trop fortes, en dehors des étirements, des massages, la prise d’une telle pharmacopée, les premiers jours, est très efficace. Ensuite, il y a la mise en place de certains rituels.

La boisson

Le soir, avant de me coucher, je remplissais ma thermos d’eau bouillante. Le matin avant de partir je faisais infuser un sachet de thé (préparé avant le départ). Et toujours l’application de la règle : boire en petites quantités fractionnées, en moyenne un litre à un litre deux par jour. Quand on marche, on ne court pas, donc on a peu de transpiration. On peut augmenter la dose - mais sans plus - quand il fait très chaud, mais surtout pas devenir une barrique. Et je peux vous dire qu’une bonne bière le soir après dix heures de marche est une vraie jouissance.

La régularité

C’est un point très important que nous avait appris notre maître. Pour ma part, j’ai opté pour le rythme suivant. Départ le matin aux alentours de 6 h 30 ou 7 h. Petit-déjeuner dans une auberge vers 8 h 30. Toutes les heures, 5 minutes d’arrêt pour se relaxer et boire une tasse de thé. Vers 13 h 30 (en Espagne, on mange tard) arrêt dans un resto. Gros repas et surtout relax d’une bonne 1/2 heure (je me suis souvent transformé en clochard sur un banc public avec le sac à dos comme coussin). Puis redémarrage jusqu’à la fin de l’étape. Si on fait ce chemin sans rythme, en faisant trop souvent la fête, en se couchant à point d’heure, on ne peut arriver jusqu’au bout, ou alors avec de la casse. Le soir, un bon repas et couché 2 heures après.

L’automassage

Très important. Tous les soirs je me massais les pieds et les jambes pendant 10 à 15 minutes, à l’aide d’une préparation à base d’huiles essentielles. Il y a des de multiples formules que vous pouvez facilement trouver sur Internet.

La respiration

C’est l’élément central de la marche. Je vais vous donner quelques rythmes que j’ai mis en pratique durant ce chemin et qui m’ont beaucoup aidé. Quand on veut régénérer son corps, irriguer ces muscles et faire circuler le sang et l’énergie, on peut opter pour le rythme suivant : sur 3 ou 4 pas on inspire par le nez tranquillement, en continu. Puis on bloque sa respiration sur un pas, ensuite on expire sur 3-4 pas et on bloque de nouveau sur un pas. Quand le rythme est bien pris, on le pratique sur terrain plat pendant 10-15 minutes au quotidien. Tiré de la « marche afghane » c’est un extraordinaire exercice reconstituant.

En dehors de cet exercice spécifique, quand on est sur terrain plat, en légère montée ou en descente, le rythme que l’on pratique est : sur 4 pas on inspire tranquillement par le nez et sur 6 pas on expire toujours par le nez. Ce rythme m’a aidé à marcher comme cela des heures d'affilée. Au début on compte dans sa tête et progressivement notre corps ne devient que rythme respiratoire. Enfin, dans les fortes montées (et dieu sait s’il y en a eu), on en arrive progressivement au rythme 2-2. C’est-à-dire 2 inspirations sur deux pas et deux expirations sur deux autres pas. Et très souvent par la bouche. Le son émis favorise la cadence de la montée.

Voici les quelques réflexions que je voulais partager avec vous. Et bien sûr tout cela est tiré des méthodes Yang Shen, issues des enseignements de la médecine chinoise.

Pour conclure, il faut savoir que tout ce qui précède ne sont que des outils mis à notre disposition pour éviter de puiser sur notre « huile ancestrale ». Mais que le moteur principal de cette marche reste avant tout le mental, la puissance du mental, la volonté. Mais comme tout est lié !

Bien à vous, Jean PELISSIER Son site : http://www.jeanpelissier.com

Voir trois vidéos très intéressantes de Jean Pelissier, sur l'humidification du corps selon la Médecine Traditionnelle Chinoise : http://www.youtube.com/user/PELISSIERJean?feature=mhee#p/a/u/2/LZpp5YtusCU