mercredi 9 février 2011

Puisqu'on allume les étoiles

Mais peut être
Ne reste-t-il
Au temps caméléon
Plus de couleurs ?
Encore un sursaut
Et il retombera,
Sans souffle et rigide.
Peut - être,
Enivrée de fumées et de combats,
La terre ne relèvera-t-elle jamais la tête ?
Peut être,
Un jour ou l'autre,
Le marais des pensées se fera cristal
Un jour ou l'autre,
La terre verra le pourpre qui jaillit des corps,
Au-dessus des cheveux cabrés d'épouvante
Elle tordra ses bras, gémissante,

Peut être...

Écoutez !
Puisqu'on allume les étoiles, c'est qu'elles sont à quelqu'un nécessaires ?
C'est que quelqu'un désire qu'elles soient ?
C'est que quelqu'un dit perles ces crachats ?
Et, forçant la bourrasque à midi des poussières, il fonce jusqu'à Dieu, craint d'arriver trop tard, pleure, baise sa main noueuse, implore il lui faut une étoile !
Jure qu'il ne peut supporter son martyre sans étoiles.

Ensuite, il promène son angoisse, il fait semblant d'être calme.
Il dit à quelqu'un : " Maintenant, tu vas mieux, n'est-ce pas ? T'as plus peur ? Dis ? "

Écoutez !
Puisqu'on allume les étoiles, c'est qu'elles sont à quelqu'un nécessaires ?
C'est qu'il est indispensable, que tous les soirs au-dessus des toits se mette à luire seule au moins une étoile?

Un poème de Maïakovski

Dans une traduction de Simone Pirez et Francis Combes

En illustration : pluie d'étoiles, à Chartres, dans la cathédrale, Mai 2010, une photo de Mudita.